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Attaques de Paris : comment répondre à la menace ?

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Postado em 04/02/2015 13:29

François Hollande, Angela Merkel, Mahmoud Abbas, Benjamin Netanyahu et d'autres chefs d'Etat et de gouvernement lors de la marche républicaine du 11 janvier à Paris

Foto: http://lci.tf1.fr/

 

Fonte: Institut de Relations Internationales et Stratégique

Link de Origen: http://www.iris-france.org/attaques-de-paris-comment-repondre-a-la-menace/

Data: 12 de Janeiro de 2015

Entrevistado: Pascal Boniface

 

La présence de très nombreux chefs d’Etats étrangers hier à Paris, aux côtés de François Hollande, est inédite. Que représente ce soutien international à la France ?

Effectivement, il est inédit et jamais dans l’histoire nous n’avons vu un tel rassemblement, non pas pour un sommet diplomatique mais pour une manifestation de rue, même si cela n’a pas empêché les contacts diplomatiques. Jamais autant de chefs d’Etats et de gouvernements n’avaient participé ensemble en s’associant à une manifestation citoyenne dans les rues d’une ville. C’est donc une première historique et c’est un soutien très fort qui a été manifesté à l’égard de la République française, du peuple français, de son mode de vie et de ses institutions. C’est un évènement encore jamais vu puisque, même après le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, il n’y avait pas eu l’équivalent, pas plus qu’après les attentats de Madrid en 2004 ou de Londres en 2005. Nous savons très bien qu’il y a peut-être des arrière-pensées chez les uns ou les autres. On a signalé que certains de ceux qui venaient manifester pour la liberté de la presse en faisait assez peu cas chez eux. Pourtant le problème n’est pas là. Lorsque les gens se sont manifestés pour venir, il était difficile, notamment dans la mesure où nous avons des relations diplomatiques avec tous ces pays, de dire qui méritait de venir et qui ne le méritait pas. Par ailleurs, il était important qu’il n’y ait pas que des chefs d’Etats Occidentaux mais également d’autres continents. Soyons donc conscients des ambigüités mais tout cela est fait dans l’émotion. Le critère de sélection entre les véritables défenseurs de la liberté, ceux qui ne le sont qu’à moitié et ceux qui ne le sont pas du tout aurait été difficile à tracer. Si on est réaliste, il est bien qu’il y ait eu le plus grand nombre possible.

Après ces attaques sur notre sol, la réponse se trouve-t-elle dans un Patriot Act à la française, sur le modèle des lois anti-terroristes prises par l’administration Bush après le 11 septembre ?

Je crois qu’il ne faut pas céder à l’émotion. On a déjà eu, depuis 1986, plus d’une dizaine de lois anti-terroristes en France. Nous venons de voter en novembre dernier une nouvelle loi anti-terroriste qui prévoit notamment l’interdiction de partir à l’étranger ou d’entrer sur le territoire en cas de soupçons avérés. Qu’il faille adapter la législation à l’état de la menace, c’est certain. Mais nous savions auparavant qu’il y avait une menace, que cette menace terroriste est à la fois diffuse et permanente. Que l’on adapte la législation aux nouvelles technologies, évidemment. En 1986, il n’y avait pas les mêmes problématiques autour d’internet et nous devons nous adapter à cela. Mais ceux qui demandent un Patriot Act à la française devraient réfléchir au fait que celui-ci, entre autre, définissait la catégorie des combattant étrangers, des combattants illégaux et que cela a été l’antichambre de Guantanamo, dont on peut penser que cela a autant nourri le terrorisme que cela l’a combattu.

Je crois donc qu’il ne faut surtout pas tomber dans la précipitation, faire des lois de circonstances, ni surtout tomber dans la surenchère démagogique. Si bien sûr il faut être patriote, ce n’est pas avec des Patriot Acts à la française que l’on résoudra le problème. Il faut peut-être réfléchir sur le long terme plutôt que de faire des coups de communication qui seront populaires car la population va être naturellement d’accord avec un durcissement de la législation, sans en connaitre l’état et l’impact actuel. Il ne faut pas recourir à un remède qui soit pire que le mal. Il faut être vigilant et plus encore que sur la législation, c’est sur le renseignement et la coordination dans ce domaine qu’il faut porter l’effort. Ce doit être la priorité des priorités.

Peut-on parler ici d’un choc des civilisations ?

Il est très surprenant que certains utilisent cette formule, alors que pendant des années, même ceux qui n’avaient pas réellement lu le livre de Samuel Huntington s’élevaient contre cette théorie sans avoir vraiment compris ce que disait l’auteur lui-même. Si c’est une guerre de civilisation, qu’est-ce que cela veut dire ? Cela voudrait dire que nous sommes en guerre contre l’Islam et que nous sommes en guerre contre les musulmans. Est-ce vraiment cela que l’on veut exprimer ? Les mots ont leur importance. Nous sommes en guerre contre des terroristes qui se révèlent être musulmans, nous ne sommes pas en guerre contre l’Islam. De même que comme ceux qui luttent contre le Ku Klux Klan ne sont pas en guerre contre la chrétienté, alors que le Ku Klux Klan se réclame de cette religion. De fait, le Ku Klux Klan n’est pas plus représentatif de la civilisation occidentale que ces terroristes ne le sont de la civilisation musulmane. Il faut faire attention aux mots, parce que « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Cette phrase de Camus n’a jamais été aussi exacte qu’aujourd’hui.

 

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